Au Moyen Age, se sentir titre, c'e´tait se sentir non pas changer, non pas devenir mais subsister. Le temps e´tait la permanence incomple`te en voie d'ache`vement. Le temps etait mouvement vers une fin et avait une direction. Tout s'accomplissai...

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다국어 초록 (Multilingual Abstract)
Au Moyen Age, se sentir titre, c'e´tait se sentir non pas changer, non pas devenir mais subsister. Le temps e´tait la permanence incomple`te en voie d'ache`vement. Le temps etait mouvement vers une fin et avait une direction. Tout s'accomplissai...
Au Moyen Age, se sentir titre, c'e´tait se sentir non pas changer, non pas devenir mais subsister. Le temps e´tait la permanence incomple`te en voie d'ache`vement. Le temps etait mouvement vers une fin et avait une direction. Tout s'accomplissait en l'homme a` travers le temps.
A l'epoque de la Renaissance, chaque e^tre se re´ve´lait non plus comme un e^tre cre´e´, mais comme anti activite´ autonomme qui engendre sa propre dure´e par la diversite´ de ses mouvements. On sentait alors aver acuite´ le caracte`re pre´caire et fugitif de chaque moment ve´cu. Mais aver ce sentiment d'angoisse, l'homme de la Renaissance combinait un sentiment inverse : la joie d'etre duns le temps.
Le temps baroque a des bases re´elles daps le monde ou` nous vivons. Cette conscience du temps est ne´e de la perception de deux phenomenes : le mouvement et le changement. Les variations incessantes du monde et de l'homme ne peuvent e^tre pense´es en dehors de la cate´gorie du temps. Le monde ou` rien ne dare et ou` tout se transforme est ine´vitablement impre´gne´ de temps. C'est le temps me^me qui permet les mutations. La poe´sie baroque pre´sente la vie et le monde sous forme d'images emprunte´es a` tout ce qui fait, s'envole, s'e´vapore et s'e´vanouit.
Ce temps qui par essence est fuyant, a aussi un effet destructeur sur toute chose. Rien n'e´chappe a son influence de´vastatrice. A l'a^ge baroque, le temps s'e´coule, non comme un fleuve aux eaux calmes, mais comme un torrent tumultueux et de´chai^ne´. Le sentiment du cours fugitif de la vie devient angoissant et obse´dant.
Quand l'ecoulement du temps s'arre^te, c'est la mort. Donc, e^tre obse´de´ par le temps qui s'e´coule, c'est se condamner fatalement a` e^tre obse´de´ par la mort. La mort, pre´sente partout et toujours proche, hante sans cesse la vie hunaine qui est remplie des images de la mort. Ainsi la mort et tous ses artifices de representation foisonnent daps la poe´sie baroque. Le temps devient le Temps, force anime´e, personnifie´e et inhumaine.
Le sentiment d'un temps compte´ ame`ne l'homme a` prendre les devants, a` fair pour de´jouer la fuite du temps. La jouissance de l'instant pre´sent se fait, non pas avec se´re´nite´, mais aver emportement. L'intensite´ devient le crite`re de la victoire sur le temps. Il faut vivre intense´ment le temps. D'ou` certains poe`tes baroques se plaisent, se plongent dans l'inconstance du monde et s'en enchantent.
La conception du temps fugitif et destructeur entrai^ne tout naturellement la notion de vanite´ et le de´tachement du monde chez les poe`tes satiriques. Les conse´quences de ce temps inexorable font nai^tre de ve´ritables angoisses me´taphysiques chez les poe`tes religieux. Leur regard se tourne vers la Permanence et leurs poe`mes contiennent un itine´raire du temps humain vers l'e´temite´ divine.
베르그손 (Bergson) 의 삶의 철학에서 본 시간과 공간